Sites internet sur-mesure
Quand refaire son site internet
Sur le mois d’août 2026 en France, StatCounter a relevé 52,98 % des consultations de pages depuis un ordinateur, 44,59 % depuis un téléphone et 2,43 % depuis une tablette. Aucune de ces trois valeurs ne décrit votre audience, et c’est à cela qu’elles servent : votre outil de mesure vous donne la vôtre, et l’écart entre les deux fait partie des relevés qui situent le moment d’une refonte. Aucune durée standard ne le fixe à votre place, et la durée de vie d’un site tient à ce qui y a été fait depuis la mise en ligne bien plus qu’à son âge. Un site qui reçoit encore des visites n’envoie aucun signal d’arrêt, et c’est ce qui rend la décision difficile à dater. Deux échéances la datent pourtant depuis l’extérieur, quatre relevés la situent chez vous, et un test tranche entre une mise à jour, une reprise ciblée et une refonte complète : de quoi savoir quand refaire son site internet plutôt que de le deviner.
Deux dates que votre site porte sans que vous les ayez fixées
Ces deux dates sont écrites dans un calendrier de versions publié à l’avance et dans un décret. Ni votre budget ni l’état de votre site ne les déplacent.
La version de PHP qui fait tourner vos pages, et sa sortie du support
Si votre site tourne sur PHP, le langage de programmation dans lequel vos pages sont écrites, ses versions suivent un calendrier publié à l’avance : deux ans de corrections complètes, puis deux ans de correctifs de sécurité critiques seulement. La version 8.2 a quitté le support actif le 31 décembre 2024 et sort du support de sécurité le 31 décembre 2026. La 8.3 a quitté le support actif le 31 décembre 2025, la 8.4 le quittera le 31 décembre 2026. La 8.1 ne figure plus dans les versions maintenues.
Passé la date de fin du support de sécurité, votre hébergeur continue de servir vos pages et le groupe PHP ne publie plus de correctif pour cette branche. Demandez à votre prestataire actuel, ou à votre hébergeur, quelle version fait tourner votre site aujourd’hui et à quelle date elle sort du support. La réponse tient en une ligne. C’est votre première date. Cette fin de support technique ne commande pas une refonte à elle seule, puisqu’un site dont la structure tient encore se remet à niveau sans être redessiné. Elle fixe le mois à partir duquel une intervention devient nécessaire.
Le décret d’accessibilité, si vos pages vendent ou encaissent
Le décret du 9 octobre 2023 fixe en droit français les exigences d’accessibilité issues de la directive européenne sur l’accessibilité des produits et des services. Il s’applique depuis le 28 juin 2025 aux services qu’il énumère : les services de communications électroniques, l’accès aux services de médias audiovisuels, des éléments de services de transport de voyageurs, les contrats et services bancaires fournis aux consommateurs, et le commerce électronique. L’accessibilité numérique désigne ce qui rend vos pages utilisables par un visiteur qui ne voit pas l’écran, n’entend pas le son, ou ne se sert pas d’une souris, et elle se juge sur le code des pages autant que sur leur graphisme.
Commencez par cette liste, pas par votre site. Un site institutionnel qui ne vend rien et ne rend aucun des services énumérés reste hors du texte. Un site qui prend des commandes ou des paiements en ligne exerce le commerce électronique que le décret énumère, sauf si votre entreprise compte moins de dix salariés et moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires annuel : le texte exonère les micro-entreprises qui fournissent ce type de service. Au-dessus de ce seuil, la mise en conformité touche des choix de gabarits, de contrastes et de formulaires, c’est-à-dire des décisions de conception. Cette date est déjà passée, ce qui la distingue de la précédente. Elle ne vous laisse aucun délai à organiser, elle élargit le périmètre du chantier le jour où vous l’ouvrez.
Quatre relevés à faire sur votre site avant d’ouvrir le sujet
Chacun des quatre relevés qui suivent se fait avec les outils dont vous disposez déjà, et produit un nombre ou une liste. Le premier porte sur vos contenus, le deuxième sur la vitesse et l’affichage, le troisième sur votre arborescence, le quatrième sur le trajet de vos demandes.
Ce que décrivent vos vingt pages les plus visitées
Sortez de votre outil de mesure d’audience les vingt pages les plus visitées sur douze mois, puis complétez cette liste, dans la Search Console de Google, par les requêtes sur lesquelles chacune ressort. Lisez ensuite ces vingt pages une par une avec une seule question en tête : ce qu’elles décrivent correspond-il à ce que vous vendez aujourd’hui.
Une page bien placée décrit parfois une prestation que vous avez arrêtée, ou affiche un tarif que vous n’appliquez plus. Ces contenus obsolètes font entrer des demandes que vos commerciaux doivent recadrer ou refuser, et le nombre de ces demandes sur douze mois se relève dans votre outil de suivi commercial.
Cette liste des vingt pages dit lesquelles de vos pages rapportent, donc lesquelles doivent survivre au changement, et c’est la matière que demande une reprise qui ne casse pas les positions déjà gagnées.
L’affichage sur mobile et la vitesse de chargement
Commencez par la répartition entre ordinateur et téléphone dans votre outil de mesure, et posez-la à côté des chiffres du pays donnés plus haut : l’écart dit sur quel appareil vos pages doivent d’abord tenir. Mesurez ensuite la vitesse de chargement de vos pages principales, avec les seuils que Google publie : l’élément principal de la page affiché en 2,5 secondes ou moins, une réaction aux clics en 200 millisecondes ou moins, un déplacement des éléments à l’écran mesuré à 0,1 ou moins. Ces seuils se lisent au 75e centile des chargements de la page, téléphones et ordinateurs comptés séparément, jamais sur une mesure isolée. Cette réaction aux clics, appelée INP, a remplacé la mesure précédente, le délai avant première interaction, le 12 mars 2024. Un relevé antérieur à cette date ne la contient pas.
Un dépassement sur une page secondaire n’a pas le même poids qu’un dépassement sur les pages qui reçoivent vos demandes. Vos positions dans les résultats de recherche tiennent compte de ces mesures, et un relevé de l’endroit où part le temps de chargement dit ce qui consomme ce temps, entre le contenu de la page, les scripts de suivi et les modules ajoutés projet après projet. Il le dit avant que vous engagiez la moindre dépense de refonte.
Une modification simple attend une intervention extérieure
Notez pendant un mois les demandes de modification que vos équipes formulent sur le site, et pour chacune, qui l’a exécutée et en combien de jours. Changer un tarif, ajouter une page pour une nouvelle offre, retirer une personne qui a quitté l’entreprise : ces gestes restent dans l’administration du site quand un gabarit existe pour eux, et ils sortent chez un prestataire quand il faut en créer un.
Ce sont les demandes qui se ressemblent qui vous intéressent. Quand elles tournent toutes autour d’un même besoin sans gabarit, une famille de pages qui n’existe pas par exemple, c’est votre arborescence qui n’accueille plus votre offre. Des quatre relevés, c’est le seul qui porte sur la structure du site, et le seul qu’une correction ponctuelle ne règle pas.
Vous ressaisissez à la main ce que le site a déjà reçu
Suivez le trajet d’une demande reçue par un formulaire, depuis l’envoi par le visiteur jusqu’à son arrivée dans l’outil où vos commerciaux travaillent, et comptez les copier-coller sur ce trajet. Un formulaire qui produit un courriel, recopié dans un tableur, puis du tableur dans votre outil de suivi commercial, en demande deux pour une seule demande reçue.
Ce trajet se corrige sans toucher au reste, en raccordant vos formulaires aux outils que vos équipes utilisent déjà. C’est le seul des quatre relevés qui ne pousse vers aucune refonte. Il entre dans son périmètre dès qu’elle est décidée pour une autre raison, parce que les formulaires se réécrivent de toute façon à ce moment-là.
Mise à jour, reprise ciblée ou refonte complète
Confondre ces trois chantiers se paie dans les deux sens. Une refonte de site engagée pour un problème de contenus paie une structure neuve dont personne n’avait besoin. Une mise à jour du site posée sur une structure qui ne tient plus laisse le problème entier et la facture à refaire.
Le test qui sépare les trois
Prenez la prochaine offre ou le prochain service que vous comptez lancer, et demandez à la personne qui tient le site où elle le publierait aujourd’hui. Trois réponses sont possibles, et chacune nomme un chantier différent.
Elle crée la page dans un gabarit existant sans rien demander à personne, et votre besoin tient dans une mise à jour : contenus repris, images remplacées, quelques pages ajoutées, sur un périmètre que vous fermez à l’avance.
Elle crée la page mais la classe mal, faute d’endroit prévu pour elle, et vous en êtes à une reprise ciblée, que les devis appellent aussi une refonte partielle : la structure tient, une famille de pages se reprend, le reste du site ne bouge pas.
Elle ne peut pas la créer sans faire intervenir un développeur sur l’ensemble du site : c’est la structure elle-même qui bloque, et la seule des trois situations qui justifie de tout reprendre.
Ce qu’une reprise ciblée règle vraiment
Une reprise ciblée se définit par ce que vos relevés y font entrer. Les vingt pages du premier relevé y entrent une par une. La vitesse et l’affichage sur mobile du deuxième y entrent quand le dépassement se concentre sur ces mêmes pages. Le quatrième y entre par ses formulaires. Vos adresses ne bougent pas, donc les redirections et l’historique qui s’y attache sortent du sujet. La dépense reste engagée sur ce seul périmètre.
Deux choses lui échappent, et les connaître évite de la choisir contre votre intérêt. Le classement des pages reste tel quel, donc une arborescence devenue fausse, celle que désigne le troisième relevé, sort de sa portée. Le socle technique reste tel quel, donc la fin de support arrive à sa date.
Poser la date, et ce que le report coûte entre-temps
Une date de projet se compte à rebours depuis la contrainte la plus proche, pas depuis le moment où le budget se libère. Des deux échéances, une seule sert d’ancre, la fin de support, parce qu’elle est devant vous. Le décret d’accessibilité est derrière, et il ne fixe pas votre départ : si votre activité est visée, il fixe la taille du chantier le jour où vous l’ouvrez.
Retirez d’abord la durée du chantier, qui suit le nombre de pages à traiter et le nombre de gabarits à écrire. Retirez ensuite votre propre temps de décision, celui qui sépare la première réunion de la signature, et qui s’allonge dès qu’une validation remonte à plusieurs directions. La date obtenue est celle à laquelle vous ouvrez le sujet en interne, pas celle à laquelle le site change.
Deux périodes se retirent aussi de ce calendrier. Une mise en ligne pendant votre pic d’activité fait tomber vos plus gros volumes sur les semaines où les corrections d’après-bascule se traitent. Une mise en ligne juste avant une fermeture longue laisse les erreurs en place sans personne pour les voir.
Le report a lui aussi un prix, qui se chiffre avant d’aller voir votre direction. Reprenez du premier relevé le nombre de demandes que vos commerciaux ont dû recadrer ou refuser sur douze mois. Ajoutez, du troisième, le nombre de modifications parties chez un prestataire pendant votre mois d’observation et le délai de chacune, ramenés sur l’année. Ces deux nombres se posent en face du budget du chantier. Ce que représente une refonte comme dépense vous dit ce que vous mettez de l’autre côté.
Ce que vous emportez au premier rendez-vous
Deux documents suffisent à ouvrir le sujet. La liste des vingt pages, avec ce que vous comptez faire de chacune, dit ce qui doit survivre au changement. La date de sortie de support que votre hébergeur vous a donnée dit à partir de quand. Une troisième décision se prend en même temps que l’arborescence et jamais après, le sort de chaque adresse déjà en ligne, redirections comprises, et elle se prépare avec la même liste : une adresse qui n’apparaît nulle part dans vos vingt pages les plus visitées n’a pas besoin d’exister après le changement.
Vos textes existants se reprennent dans les nouveaux gabarits au lieu de se réécrire en totalité, un arbitrage que le transfert de votre matière éditoriale pose en amont. Adressez-nous vos deux documents. Nous vous répondrons sur le chantier qu’ils appellent, entre une simple mise à jour, une reprise ciblée sur ce qui bloque et une reprise page par page d’un site déjà en ligne.
Sources
Desktop vs Mobile vs Tablet Market Share in France, StatCounter Global Stats, août 2026, consulté le 9 septembre 2026, https://gs.statcounter.com/platform-market-share/desktop-mobile-tablet/france
Supported Versions, The PHP Group, consulté le 9 septembre 2026, https://www.php.net/supported-versions.php
Décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des produits et services, Légifrance, 9 octobre 2023, https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048178349
Web Vitals, web.dev, Google, consulté le 9 septembre 2026, https://web.dev/articles/vitals
Interaction to Next Paint is officially a Core Web Vital, web.dev, Google, 12 mars 2024, https://web.dev/blog/inp-cwv-launch